Le tri des emballages ménagers et des papiers graphiques en France

Depuis de nombreuses années, chaque Français a (au moins) deux poubelles : l’une pour les ordures ménagères, l’autre pour le tri des emballages et papiers. Cette organisation est le résultat du déploiement de la collecte sélective depuis les années 1990. Mais une fois déposés dans le bac de tri, qu’arrive-t-il à ces derniers ? Ils sont triés ! Objectif : les envoyer vers leur filière de recyclage. Mais comment y arriver ?

Première étape : le geste de tri

Les produits que nous achetons en tant que citoyen et consommateur sont emballés pour les conserver, les protéger et informer les consommateurs : après consommation, ces emballages sont tous à mettre dans le bac de tri.

Aujourd’hui, les Français peuvent trier tous leurs emballages, y compris ceux en plastique, ainsi que tous les papiers.

Seconde étape : la collecte des emballages et papiers triés

Une fois vos emballages et papiers triés, les poubelles de tri et les conteneurs des points de tri sont collectés par des agents de collecte, aussi appelés ripeurs ou éboueurs. Cette étape de collecte permet d’acheminer tous ces emballages et papiers vers le centre de tri le plus proche. Les emballages en verre sont envoyés dans des centres de traitement où ils seront nettoyés et broyés, pour redevenir des emballages en verre.

Où ? La collecte est déployée partout où des points de tri sont mis en place.

Comment ? Le mode de collecte le plus connu est celui via des camions-bennes, qui viennent récolter les déchets triés. Parfois, il s’agit de camions biflux, collectant en même temps les ordures ménagères et la poubelle de tri, tout en les séparant dans deux compartiments.

Qui ? Les collectivités locales, qui réunissent plusieurs communes d’un territoire, sont responsables de la gestion des déchets, parfois en s’appuyant sur des prestataires privés.

Troisième étape : le centre de tri

Il existe plus de 120 centres de tri en France métropolitaine, gérés par des syndicats de traitement des déchets et financés par les collectivités (plusieurs collectivités peuvent s’associer autour d’un même syndicat pour la gestion de leurs déchets) en collaboration avec des prestataires privés.

Tous ces centres de tri présentent un fonctionnement proche. Mais lorsqu’on regarde plus en détail, on observe des différences d’un centre de tri à un autre (que ce soit au niveau de l’enchainement des machines, du trajet des emballages ou des systèmes de rebouclage de matière). Cela est dû aux spécificités de chaque site (localisation et code de consommation des citoyens rattachés à chaque centre de tri, quantité d’emballages gérés, espace disponible sur le site industriel, âge des machines, etc.). Pour autant, tous ces centres de tris répondent aux mêmes objectifs de tri.

Pour mieux comprendre le fonctionnement d’un centre de tri, reprenons ce schéma :

Les camions de collecte acheminent les emballages et papiers jusqu’aux centres de tri, sites industriels, qui grâce à de nombreuses machines et agents de tri en bout de ligne, vont permettre de séparer tous les emballages et papiers collectés par matériau.

 

Déchargement

1 – A leur arrivée et à leur sortie du centre de tri, les camions sont pesés sur des ponts bascule pour connaitre le poids des déchets réceptionnés. Les emballages et papiers sont déposés dans la zone de déchargement.

Alimentation

2 – Les déchets stockés en zone de déchargement sont transportés par un engin dans la trémie d’alimentation. Cette trémie est constituée d’un tapis roulant qui permet de réguler le débit de la chaine de tri pour éviter que trop de déchets n’arrivent en même temps.

Séparation par taille

3 – Le trommel est un tambour parsemé de trous de différents diamètres permettant de trier les déchets selon leur taille :

  • Les déchets les plus petits passent au défineur (<200mm)
  • Les déchets de taille moyenne (bouteilles, canettes, etc.) poursuivent leur chemin sur la chaine de tri
  • Les déchets les plus gros (cartons, papiers, etc.) rejoignent directement la cabine de tri manuelle.

 

4 – Lorsqu’ils sortent du trommel, les déchets les plus petits (< 200 mm) passent par le Défineur. Cette machine permet de séparer à nouveau les déchets en fonction de leur taille : généralement, les déchets de plus de 50 mm pourront ainsi poursuivre leur chemin sur la chaine de tri tandis que les déchets inférieurs à 50 mm rejoindront les refus de tri.

Séparation des métaux magnétiques

5 – L’Overband est une machine composée d’un gros aimant qui permet de capter les objets ferreux (boites de conserves, aérosol, etc.) en utilisant l’attraction magnétique.

Il y en a généralement deux sur le centre de tri, l’un sur la ligne des refus (rouge), l’autre sur la ligne des corps creux (jaune). Dans les deux cas, ce système permet de récupérer les déchets en acier pour les amener directement dans l’alvéole de stockage dédiée à ce matériau.

 

Séparation des métaux non-magnétiques

6 – La Machine à courants de Foucault permet de récupérer les emballages en aluminium en utilisant un puissant champ magnétique.

Tout comme les Overband, on retrouve généralement deux Machines à courants de Foucault dans les centres de tri, une sur la ligne des refus (rouge) et une sur la ligne des corps creux (jaune). Ils permettent de récupérer les déchets en aluminium pour les amener directement dans l’alvéole de stockage dédiée à ce matériau.

Séparation par forme

7 – Lors de leur parcours dans le centre de tri, les déchets passent par plusieurs cribles balistiques qui permettent de séparer les corps creux en jaune (bouteilles en plastique, briques alimentaires, conserves, cannettes…), des corps plats en bleu (journaux, revues, magazines, petits cartons, …). Il s’agit d’un tapis incliné qui fait des mouvements circulaires : les corps creux, plus lourds, rebondissent et se dirigent vers le bas tandis que les corps plats se posent sur le tapis et sont entraînés vers le haut.

 

 

Séparation par matériau

8 – Lors de leur parcours dans le centre de tri, les déchets passent par plusieurs trieurs optiques qui permettent d’affiner le tri et de séparer les déchets en fonction de leurs matériaux.

Les déchets sont identifiés grâce à un faisceau lumineux (un scanner qui identifie les couleurs) et un capteur infrarouge (qui détecte les matières). Les différents déchets ainsi reconnus sont ensuite dirigés par un flux d’air vers le tapis approprié.

 

Une bande transporteuse achemine de manière régulière la matière à trier (1). Sur la bande, la matière est détectée par les capteurs (2) à spectromètre NIR et/ou VIS. Une rampe d’éjection équipée d’électrovannes est positionnée en extrémité du convoyeur. Lorsque les capteurs détectent des produits à éjecter, des électrovannes sont ouvertes à un instant précis. Les objets sélectionnés sont triés par des jets d’air. La matière triée est séparée en deux ou trois fractions (3).

Tri manuel

9 – Après avoir été séparés grâce aux trieurs optiques, les déchets sont acheminés vers la table de tri en fonction des matériaux qui les composent.

Les agents du centre de tri effectuent alors un tri manuel permettant de finaliser le tri par matière et d’éliminer les erreurs restantes.

 

Stockage et expédition

10 – Tous les matériaux ainsi séparés grâce au process du centre de tri sont temporairement stockés dans des alvéoles distinctes.

11 – Chaque matériau est tour à tour acheminé sur un tapis roulant vers la presse à balles. Celle-ci permet de conditionner les déchets triés sous forme de gros cubes, appelés des « balles ».

Ce conditionnement permet un gain de place pour le stockage et pour le transport vers les filières de recyclage.

Après cette ultime opération, les déchets ainsi triés sont revendus à des entreprises appelées « repreneurs ». Elles vont recycler les matériaux pour leur donner une seconde vie.

12 – Tout au long de la chaîne du tri, les refus de tri sont écartés. Ils sont soit redirigés vers des Unités de Valorisation Energétique pour y être incinérés et valorisés en énergie, soit stockés dans des centres d’enfouissement.

Par ici pour une visite virtuelle d’un centre de tri :

 

Quatrième étape : les usines de recyclage

Ces usines accueillent tous les matériaux qui disposent d’une filière de recyclage.

Pour faire le point sur les filières de recyclage en France

Dans les usines de recyclage, les emballages et papiers subissent plusieurs étapes de transformation mécanique, différentes selon les matériaux, pour redevenir une matière première. Ils peuvent ainsi être broyés, lavés, fondus… Pour les plastiques, on expérimente aussi le recyclage ‘chimique’ par exemple par pyrolyse.

A l’issue de ces processus, ces matériaux prennent la forme de paillettes pour le plastique, de pâte pour le papier, de lingots ou blocs pour les métaux.

Cinquième étape : la nouvelle vie des emballages et papiers recyclés

Une fois traités en usine de recyclage, les matériaux deviennent des matières premières secondaires, qui pourront être utilisées pour la fabrication de nouveaux emballages ou produits

Sixième étape : la transformation en nouveaux emballages ou produits

C’est après toutes ces étapes que les emballages et papiers peuvent être réintégrés dans de nouveaux produits, emballages ou papiers, qui pourront de nouveaux être utilisés.

Cette économie circulaire pouvant mener au recyclage des déchets est indispensable pour limiter l’impact de la consommation sur l’environnement. Mais ce n’est pas la seule solution. On retrouve en premier lieu la réduction de l’emballage, notamment grâce à l’écoconception pour le réduire à son strict minimum, voire le supprimer, puis le réemploi, qui consiste à réutiliser un emballage pour un même usage plusieurs fois.